Obscurité vs Lumières ?

Obscurité vs Lumières ?

Face à ces temps obscurs, le bon sens serait, pour les penser, d’activer la polarité qui leur est opposée : la lumière … Mais laquelle allumer ?

Obscurité vs Lumières

  • Celle de la science, lumières de la raison ?
  • Celle de la morale, laïque ou religieuse  (après tout, les « valeurs de la république » ne sont-elles pas une autre forme de lien vers un absolu, une « religion laïque») ?
  • Celle d’un chef, ou d’un sauveur : homme ou femme providentiel dont viendrait le salut ?
  • Celle d’une information réellement transparente sur les arrières–plans de « ce qu’on nous cache » ?
  • Celle du spirituel, lumières de l’Esprit ?

Le piège est évident : toute forme de lumière peut très vite se traduire en « Vérité » unique, qu’il faudrait donc atteindre …  (L’insecte n’est-il pas à tel point focalisé sur le point lumineux qu’il ne perçoit pas la sortie, pourtant juste à côté) ? Et une fois atteinte, il reste à l’imposer aux autres, encore sombres ignorants. Ainsi, de LA VÉRITÉ à l’absolutisme le pas est vite franchi !

C’est d‘ailleurs dans ce piège que s’engouffrent souvent les chefs charismatiques, habillant leur volonté de pouvoir des atours de leur propre vision idéale pour capter les désirs individuels d’idéal,  et  « vectoriser » les pulsions de la masse ! (Nicolas, Manuel, Marine, Arnaud, Jean-Luc … et quelques autres, devraient méditer ça ! )

Comprendre les «complexités subjectives»:

Ces temps obscurs nous confrontent à un ensemble de phénomènes nébuleux. Malgré quelques lueurs, les nuages s’amoncèlent et les ombres gagnent …

Ainsi, quelques rayons de certaines lumières citées ci-avant nous seraient bien précieux. Mais faute d’en disposer, -ou plutôt de les chercher–   chacun se fait son propre éclairage quant à ces moments crépusculaires : Quelques regards sur les commentaires des forums internet ou des réseaux sociaux suffisent pour mesurer combien la plupart des opinions hâtives et péremptoires sont émises sans autre fondement que la vision, les convictions ou les valeurs de ceux qui les émettent.  Et la plupart négligent le fait que celles-ci puissent être obsolètes, ou insuffisamment larges, ou non conscientes d’autres niveaux ou registres sous lesquels aborder le réel.

Il s’agirait donc, pour enrichir notre réflexion  et sortir d’une pensée binaire et des réponses simplistes, d’élargir le champ de nos représentations, souvent limitées.  Cet effort de réflexion est d’autant plus urgent que les effets du chaos engendré par les causes objectives se manifestent puissamment, et bruyamment,  par les conséquences, ­-bien visibles–  de leurs effets subjectifs –qui eux restent invisibles.

Nos sphères dirigeantes, médiatiques, administratives, très sujettes au mode d’action de type « action-réaction »  ont encore quelques progrès à effectuer sur cette voie !

Dans les jeux d’action et réaction, tant que l’on fonde sa pensée sur une vision linéaire, mono-centrée, et ses réponses sur des représentations binaires des réalités subjectives, on est incapable de composer consciemment avec les ambivalences et paradoxes qui sont le fruit de nos complexités, et on adopte inévitablement des options tranchées, dont l’effet est souvent de déplacer le symptôme, ou pire, d’amplifier les causes, et les donc les oppositions.

La danse éternelle des rebelles idéalistes contre les conservateurs protectionnistes se déroule sur la musique commune de l’absolutisme : Si les valeurs de chaque camp sont opposées, le processus est similaire  : « J’ai raison, l’autre a tort » !  Il ne faut pas pousser le bouchon très loin pour que le rebelle se fasse terroriste, et que le conservateur devienne dictateur sécuritaire. (Et vice-versa !)

Pour « penser ces temps obscurs » …  (et pouvoir les panser ?) il conviendrait d’interroger l’histoire, politique, économique, sociale, religieuse, – auxquelles il faudrait ajouter la récente  histoire technologique et communicationnelle –  pour mieux mesurer l’imbrication des causes « objectives » dans le temps, et il convient ensuite de se pencher sur les « complexités subjectives ». Les fonctionnements psychiques individuels, et psycho-sociologiques (collectifs) qui sont sources des passages à l’acte violents, et autres réactions émotionnelles moins médiatisées, mais pesant tout aussi lourd dans les balances du quotidien social et sociétal.

Ainsi, les sciences de la psyché se trouvent être les mieux à même de décoder les ombres qui s’emparent du monde, et des êtres humains. Emprunter les chemins d’un futur « Vivre ensemble » supposera nécessairement d’adopter de nouvelles modalités de pensée, d’éclairer les « logiques du chaos », de comprendre  « la mécanique des ombres », et notamment la psychologie du phénomène religieux, qu’il faudra nettement distinguer de l’aspiration au spirituel.

On comprendra alors que l’équilibre des collectifs passera nécessairement par celui des individus.

Notre époque marque la fin d’un cycle : l’apport de nouvelles connaissances scientifiques, artistiques, philosophiques, marqua la fin du Moyen-âge et le passage à la Renaissance ; de même les lumières du 18ème siècle engendrèrent le passage progressif d’anciens régimes absolutistes aux républiques démocratiques …

Les sciences de la  connaissance de soi et de la complexité sont vecteurs de cette nouvelle renaissance à laquelle le monde est appelé. Nul ne sait combien de temps durera ce passage, mais,  entre ancien monde et nouveau, à chacun de décider de quel côté il souhaite se placer  …  Et de faire les pas nécessaires s’il veut marcher sur de nouveaux chemins !

Et parce qu’avancer  suppose des actions dans le concret, mes interventions « IRL »  (in real life)  vont au-delà des considérations philosophiques des articles de ce blog. Elles apportent des  grilles de lecture opérationnelles de ces complexités, une cartographie qui en structure les mécanismes et en clarifie le sens,  et des outils concrets pour participer activement à cette nouvelle renaissance.

Partager