Manu, Gilles et Joan … En Marche vers un Monde Nouveau

Manu, Gilles et Joan … En Marche vers un Monde Nouveau

Des Messagers par Milliers

Sur tous les continents, nombre de messagers croisent dorénavant les chemins des humains : maîtres ou enseignants spirituels viennent partager leurs connaissances, offrir leurs talents ou dons, ou témoigner des magies qui comblent leurs existences. Parallèlement, énergéticiens et thérapeutes en tous genres pullulent, et proposent leurs services pour le progrès de l’âme …  Comme toujours, dans la masse, on trouve le pire et le meilleur, le plus désintéressé et le plus mercantile !

Mais ce sont-là autant de petites graines d’un changement collectif, lequel passera en fait par celui des individus.

On constate aussi, en ce début de XXIe siècle, l’engouement croissant des occidentaux pour les anciens porteurs de vieilles traditions : gnostiques, cathares, templiers, kabbalistes, alchimistes, druides, chamans …  Ces grands anciens se retrouvent également au sein du fourre-tout du New-Age et du développement personnel. Ils y sont souvent teintés de traditions extrême-orientales : yoga, bouddhisme, arts énergétiques chinois, soins ayurvédiques, tantra, zen, et leurs dérivés, méditations diverses, « de pleine conscience » ou autres … Tout ceci donnant naissance à une foultitude de cocktails syncrétistes plus ou moins pertinents …

Ce foisonnement est le corollaire de l’ingérable chaos régnant dans nos sociétés occidentales : face à l’impossibilité de réguler et contrôler la complexité, beaucoup lâchent prise, et s’ouvrent aux dimensions intérieures (dites « féminines » : intuition, imaginal, sensibilité, créativité …). Ce qui est d’ailleurs heureux, car cela permet de rétablir un équilibre qui avait été malmené depuis longtemps.

Mais, si l’on veut éviter que le chaos ne se fasse régression, il conviendrait ensuite que ceux qui ont effectué ce passage réintègrent des dimensions masculines, afin de hausser le niveau de compréhension des mécanismes de la complexité et d’apprendre à raisonner de manière intégrale et holistique. Nourris de ces deux polarités, ils pourront élaborer des solutions véritablement systémiques, alliant le corps, le cœur, la tête, et l’Essence. (La dimension spirituelle, la sensibilité profonde, le « Soi supérieur, l’Esprit … selon le vocabulaire que chacun retiendra)

L’époque sera alors venue où quelques vieilles prophéties et anciennes visions pourraient connaître leur réalisation. Et la France a un rôle particulier à jouer dans cette future révolution.

D’ailleurs, certains l’ont pressenti, qui ont mis  en marche leur poulain dans la direction qu’ils croient la plus juste (selon leur vision, leurs valeurs et leurs intérêts). Malheureusement, être soutenu par la puissance de ses mentors, et croire que son prénom autorise à se faire Jupiter n’assure aucunement que cette direction soit juste pour le peuple, et pour le progrès de l’humanité. Et donc, cela ne garantit pas plus l’assentiment des foules aux conséquences de la politique poursuivie.

Mouvements de fronde

Alors, les réalités sociales sont bien vite revenues toquer à la porte du quotidien : les vicissitudes des crises diverses avaient déjà sabré l’espoir chez beaucoup, le remplaçant au mieux par la quête de satisfactions matérialistes ou émotionnelles, et au pire par des formes de résignation ou de soumission inconsciente aux habitus du système économique et sociétal. Quelques augmentations de charges, taxes, et nouvelles pressions administratives ont alors suffit pour mettre le feu aux poudres, et plus prosaïquement, aux ronds-points, et aux Champs-Élysées !

Ceux qui fustigent la violence visible, parfois sauvage, « la violence du tigre [1] », oublient qu’elle est souvent la résultante de celle, invisible, sournoise, et quasi-indolore, de l’araignée. Celle-ci a savamment tissé sa collante toile, pour immobiliser toute proie qui aurait la mauvaise idée de passer par là. Une fois prise dans les mailles de ce filet magnifiquement construit, la proie n’a que deux options : se soumettre et être immobilisée, pour servir les appétits de l’arachnide, ou se libérer violemment de l’emprise, si elle en a la force.

Les toiles arachnoïdes des administrations et du fisc français ont englué la multitude des citoyens, petits moucherons sans importance : solitaire, aucun d’entre eux ne pourra en réchapper. Qu’ensemble ils se démènent pour se sortir des rets, et voici que leur bourdonnement remonte aux oreilles des moutons qui dormaient, et des chiens de garde du troupeau. « Mais cessez donc ce bruit, et toutes ces vibrations qui troublent notre quiétude !».

  Pendant qu’ils se disputent, leurs prédateurs respectifs attendent le moment opportun : moucherons et araignée nourrissent l’hirondelle, passereau migrateur mondialisé, qui se gave en été, mais sait qu’elle dispose d’un paradis (fiscal) au soleil pour y passer l’hiver.  Les moutons ont tellement pris l’habitude d’être tondus que ça ne leur fait plus ni chaud ni froid quand le fermier leur en prend un peu plus. Ce dernier, au comble du cynisme, pourra même se réjouir si quelques loups viennent de temps en temps pour semer la terreur : après tout, le troupeau s’en trouvera plus prompt à se plier aux aboiements des chiens, et les marginaux les moins convaincus rentreront dans le rang. De plus, s’il y a quelques cadavres, cela donne aux chiens de garde quelques os à ronger.

Cette fable agricole n’a aucune morale : les uns contre les autres assurent leur pitance, et aucun ne veut voir, et encore moins comprendre, les peurs et les réalités que vivent les autres espèces. Chacun vit pour lui-même, les uns pour leur survie, les autres pour leur confort.

En s’habillant de jaune les moucherons de France sont devenus bourdons : et s’ils ont fait le buzz parfois à leurs dépens, ils auront quelques temps fait vibrer toute la toile. En agitant leurs ailes ils ont ainsi rappelé qu’au-delà de leurs revendications primaires se cachait un plus grand mal : un déficit d’espérance, largement amplifié par la pression des exigences paperassières et fiscales, et l’impéritie des administrations et autres organismes officiels. Sans oublier leur appétence pour les  contrôles en tous genres, et leur allégeance à des volontés sécuritaires ! Tous ces travers entrainant avec eux leurs multiples excès et dérives, la spirale des violences est prête à s’enclencher : au plus le tigre grogne et veut sa liberté, au plus l’araignée va resserrer sa toile pour contenir le fauve et briser sa colère !

Cette stratégie est illusoire. Elle est de plus néfaste : la volonté de maîtrise et de contrôle, qu’elle soit exercée par les états, les religions, ou par les individus, ne peut rien, sur le long terme, contre les forces du Vivant et les lois de l’évolution : rogner les ailes du coq n’empêche ni son chant, ni ses coups de bec. De même, les tailles sévères et régulières des jardins à la française n’empêchent pas l’émergence continuelle de nouveaux rameaux.

C’est ce que sont toujours venu rappeler les grands mouvements de foule qui furent signes avant-coureurs d’un changement d’époque : Cabochiens de 1413, portant capuchon blanc, qui furent les premiers à envahir le palais royal  et prendre la bastille ;  révolution de 1789, avec ses sans culottes les imitant, et des conventionnels mettant en avant les libertés d’entreprendre et de propriété ; mai 1968, portant haut les couleurs de la liberté d’expression, elle-même figure de proue de la liberté d’Être, qui sera la prochaine vague.

À chaque fois, c’était en réaction contre les excès de la pression fiscale ou contre ceux d’un cadre sociétal ou moral trop rigoriste. Il en est encore de même : les premiers frémissements populaires propagent peu à peu des ondes qui se font chaque fois de plus en plus puissantes : Nuit Debout, Bonnets Rouges, Gilets Jaunes …

Les capitaines devraient mieux prendre en compte les mouvements de la houle naissante. À défaut, le vent de la tempête pourrait bientôt souffler !

Et quand il fait tempête rien ne peut se construire : les mouvements médiatisés, expressions des colères et des difficultés, portent également quelques idées nouvelles pour la démocratie, mais il ne semble pas que les puissants de nos  « technocratures » puissent entendre ce genre de doléances-là.

Pourtant, une nouvelle vague est en gestation, et elle se profile déjà, en filigrane, pour qui sait tourner son regard vers les sphères grandissantes du développement personnel, de l’intelligence collective, du renouveau spirituel, et les diverses possibilités d’alternatives nouvelles dans tous les domaines : énergie, médecine, consommation, déplacements, construction, agriculture … Autant de domaines dans lesquels les hydres avides de profit et de pouvoir cherchent à verrouiller leurs acquis, en coupant les ailes des alternatives nouvelles dès qu’elles se montrent potentiellement concurrentielles, ou en les éliminant d’une manière ou d’une autre.  La crispation réactionnaire de la part des puissances en place ne fait qu’amplifier l’aspiration à un autre type de fonctionnement sociétal : ce sont le haut et le bas d’une même vague.

Courant 2017, l’élection de politiciens ayant senti monter ces énergies avait pu susciter chez certains l’espoir d’un vent de changement. Prétendre se mettre « en marche » est un slogan de campagne remarquablement trouvé pour surfer sur cette vague : mais très vite cet espoir s’est vu confronté aux pratiques réelles et concrètes de ces nouveaux élus. Ceux-ci, faisant face à divers niveaux de réalités et de contraintes dont ils ne soupçonnaient sans doute pas l’intensité, démontrent qu’ils ne disposent que du même ancien logiciel pour envisager des solutions : le fameux « toujours plus de la même chose » que connaissent bien tous les spécialistes de l’analyse systémique !

Ce n’est donc pas sans amertume que s’éveillèrent, à propos  de ces nouveaux élus, quelques questionnements quant à leurs doses de bonne volonté ou de capacité manipulatoire, de compétence ou d’incompétence, de conscience claire ou d’inconscience, de bonne ou de mauvaise foi. Et de l’amertume à la colère, il n’y avait qu’un pas, que certains ont franchi parce qu’il leur a semblé que leur amertume n’était pas entendue.

Noir tableau ou constat réaliste ?

Une fois l’été passé, le jaune d’or de la seconde étoile glanée sur le maillot de l’équipe nationale de football s’est défraichi. L’automne a vu fleurir sur les ronds-points et les Champs-Élysées des gilets jaune fluo ! Marianne a été malmenée par le peuple : mais peut-être est-ce aussi parce que lui-même a été malmené depuis des décennies par la république et ceux qui l’administrent. Il serait temps que ceux-là descendent de leur nébulosités pour mesurer vraiment les réalités quotidiennes de la France d’en bas et celles des campagnes …

Le réveil de la France est la tâche à venir : « En marche »  disaient-ils … Mais qui peut avancer si on lui laisse encore les poignets enchainés et des boulets aux pieds ?

Le jeu est faussé car les dés sont pipés : règles par trop contraignantes, règne du plus puissant … Il serait également judicieux de dépoussiérer quelques règles du jeu !

Pourtant,  les contraintes externes qui pèsent sur le politique et l’institutionnel sont telles qu’il ne faut pas compter sur des grands changements de règles et de cap de ce côté-là. Tout au plus procèdera-t-on à quelques menus ajustements, pour tenter d’amadouer les réticences populaires. Mais le cap général étant déterminé, il sera conservé envers et contre tout … à moins d’un grand remue-ménage : si celui-ci survient, qu’il soit réformiste ou révolutionnaire, il semble assez probable qu’il sera douloureux ! 

Pour autant, l’essoufflement des mouvements « Bonnets Rouges », « Nuit Debout », ou « Gilets Jaunes »,  semble indiquer que le Grand Soir collectif n’est pas encore pour demain. D’ailleurs, même les rêveurs ont bien compris qu’il y avait dans cette perspective plus de pièges et de difficultés que de solutions !

« Ne lutte pas contre le système, démode le[2] » devient une option de plus en plus partagée.

Mouvements du cœur

Alors, la révolution ne doit pas se faire dans la rue, mais dans les cœurs et les têtes … Les lumières ne doivent plus, comme celles du XVIIIe siècle, être seulement vouées à éclairer la pensée, sous la tutelle de la déesse raison : elles doivent être destinées à réveiller le souffle de l’âme, pour que s’allume la flamme de l’Esprit.

Le rayonnement de l’âme d’une nation ne peut être que le résultat du réveil d’une multitude d’individus, vibrant sur des longueurs d’ondes communes, et reliés entre eux par une multiplicité de tissages en réseau. Les outils modernes de communication permettent l’expansion d’une telle vision, à condition qu’on les utilise dans ce sens constructif.

Ce rayonnement de la France ne devra  dès lors plus être, comme par le passé, celui d’une nation de coqs orgueilleux, donneurs de leçons, en toute inconscience de leurs propres manquements à ce qu’ils chantent sur tous les tons. Il devra être le rayonnement d’une humble lumière, allumée au cœur de chacun pour lui rappeler qui il est, d’où il vient, et lui redonner une idée de là où il pourrait aller. Il faudra pour cela qu’il prenne conscience que les chemins de traverse que lui avait proposés le monde moderne ne le menaient pas forcément là où son cœur, son âme, et son Esprit, auraient voulu se rendre.

Certes, le cœur redevient depuis quelques décennies l’objet d’attentions, sous l’impact de l’intérêt croissant pour le développement personnel. Malheureusement, cela ne va pas sans effets secondaires pas toujours signes de progrès ! C’est que bien peu nombreux sont ceux qui savent précisément quoi mettre derrière des notions qu’ils emploient pourtant abondamment : cœur, mental, conscience, âme, esprit.  Une connaissance insuffisamment précise et étayée  de ces sujets conduit à des amalgames et des confusions, eux-mêmes sources d’égarements sur les chemins de l’intérieur, et d’oublis de quelques règles élémentaires pour le voyageur avisé.

De ces chemins de l’intérieur, nous en avons parcouru de nombreux, et élaboré quelques cartes … Mais il s’agit là d’une autre histoire …

[1] « Le Tigre et l’Araignée, les deux visages de la violence » Olivier Clerc, Jouvence éditions, 2004

[2] Bernard Werber.

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