En 3D, c’est mieux !

En 3D, c’est mieux !

expo02_32La tendance à la bi-polarisation est bien ancrée : beaucoup sont habitués à une pensée dualiste (Masculin -féminin /  Droite -Gauche  / Cerveau gauche – droit / Yin – Yang /  Sciences exactes -humaines / Orient -occident / Copé – Fillon … 🙂

Un tel dualisme est source de simplifications réductrices et conduit évidemment à opposer plutôt qu’à permettre de mesurer les complémentarités et tenter d’inventer une voie en bonne intelligence collective.

Il semble que la pensée complexe chère à Edgar Morin ne soit pas encore massivement au goût du jour …

Il est pourtant plus que temps d’adopter de nouvelles formes de pensée : Parmi elles, l’approche intégrale par exemple permet de sortir de ces oppositions stériles pour intégrer les apparents contraires dans une représentation structurée de leur positionnement en terme de système de valeurs, ou de lignes de développement. Les regards « All quadrants, all lines » qu’elle propose sont de précieuses avancées pour qui souhaite passer le cap de la dualité qui sépare et divise.

Par exemple,la perception ci-dessous des 3 dimensions de l’entreprise ou des systèmes organisationnels en est issue :

1- La dimension du  » IT  » (CELA) : La performance objective, l’organisation, la technique, dont la réussite est mesurée par le résultat économique.

2- La dimension du  » WE  » (NOUS) : Le collectif, dont la réussite se mesure par la confiance et par des relations interpersonnelles et inter services saines et co-opératives.

3- La dimension du  » I  » (JE) : L’individuel, dont la réussite se mesure à l’implication de chacun, à l’efficacité des compétences mises en œuvre, et à la satisfaction dans son désir de croissance personnelle.

Les organisations qui atteignent les meilleurs résultats sur le long terme sont celles qui parviennent à trouver le bon équilibre entre ces trois dimensions.

Beaucoup de managers et décideurs restent exclusivement attentifs à tout ce qui touche à la dimension du « IT », et bon nombre de politiciens (élus ou non) , pourtant sensés être au service du « WE », sont en fait centrés sur le « I », malheureusement dans ses côtés les plus ambitieux.

Ces attitudes sont à la source même des dérèglements  et déséquilibres auxquels nous assistons.

Une prise de conscience de la part de ces dirigeants supposerait l’acceptation du fait que leur système de représentation , tout rationnel et de bon sens (voire « scientifique » ) qu’il soit à leurs yeuxest pourtant bien insuffisant à prendre en compte la complexité du réel (car souvent bien peu actualisé ou tenant compte des apports d’autres disciplines,  angles de vue ou valeurs que les leurs !).

A cet endroit on bute sur les dynamiques piégées de l’Ego, (qui feront l’objet d’un autre post) et un minimum de travail de connaissance de soi sera nécessaire  (Un maximum, devrais- je écrire, car on part souvent de loin  !) …

Comme ce travail ne manquerait pas de générer des prises de conscience intellectuellement ou émotionnellement désagréables, (sans compter la nécessaire humilité auquel il amènera dans un premier temps), bien peu franchirons ce pas !

Et c’est ainsi, plutôt que de chercher à se réformer eux-mêmes,  qu’ils continueront en tout bonne foi (ou mauvaise pour certains) à tenter de résoudre les difficultés  à l’aune exclusive de leur angle de vue, sans en mesurer les effets pervers , et sans prendre en compte les remarques qu’ils considèreront comme opposées (alors qu’elles sont en fait complémentaires).

Le spectacle médiatique des échanges politiques ou économiques est une merveilleuse illustration de l’inanité de ce fonctionnement …

Le système continuera ainsi à fonctionner dans le sens de « toujours plus de la même chose »,  avec éventuellement une alternance des tendances opposées, qui n’est en fait qu’un retour de balancier quand on est allé excessivement d’un côté des deux polarités opposées.

Quand le fil est stable, les mouvements de balancier peuvent rétablir l’équilibre : quand il devient instable parce que les mouvements divers amplifient son mouvement, le balancier est une aide illusoire, auquel on se raccroche pourtant jusqu’à la chute finale obligatoire.

Dans l’histoire, les systèmes qui ont évité la chute sont bien rares …  et le fil sur lequel nous évoluons me semble de plus en plus instable …

Mais, rassurons nous : jusqu’ici tout va bien !

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